Ordre juste et pouvoir d'achat : Ségolène Royal fait campagne sur une « France tranquille » et un « ordre juste » pour « redonner du pouvoir d'achat, relancer l'activité économique sans détruire les protections sociales ». Elle réclame le retour de l'ISF, une TVA allégée sur les aliments produits en France, une baisse des taxes sur l'énergie pour les TPE-PME et des prix de l'électricité maîtrisés. Contre le déficit, elle privilégie la chasse aux « gaspillages » (organismes redondants, aides aux entreprises « sans conditions », gestion des ARS) plutôt que la baisse des dépenses « essentielles » — éducation, santé, climat — sans alourdir les impôts.
Retraites : en 2024, elle voulait corriger les aspects « brutaux » de la réforme des 64 ans sans l'abroger ; en 2026, elle juge inacceptable d'y toucher et « refuse ce débat tant que la question du retour de l'ISF n'est pas posée ».
Climat et énergie : ancienne présidente de la COP21, elle place l'« urgence climatique » en tête, y voyant « une formidable opportunité de créer des activités, des emplois et du bien-être ». Elle défend le crédit d'impôt pour la transition énergétique, qualifie de « faute grave » le rétablissement de pesticides interdits et prône un « modèle énergétique équilibré » entre nucléaire et renouvelables, loin de l'« écologie punitive ».
Enfance, sécurité et école : elle promet un « État fort qui ne tolère aucune violence contre les enfants », des caméras « partout dans le cadre scolaire », en crèche et en Ehpad, approuve l'interdiction des réseaux sociaux aux mineurs et dénonce le sous-paiement des enseignants.
Laïcité et société : opposée à l'interdiction du voile (« Laissons les femmes tranquilles »), elle renvoie dos à dos islamistes et islamophobes, insiste sur les violences faites aux femmes et plaide pour des valeurs « maternelles » de conciliation.
International : elle veut une France « puissance médiatrice » pour la paix. Sur Gaza, elle a réclamé des sanctions contre Benjamin Netanyahou et fustigé une reconnaissance tardive de l'État palestinien. Sur l'Ukraine, ses appels à la médiation et ses doutes de 2022 sur certaines informations ukrainiennes ont fait polémique. Présidente de l'Association France-Algérie, elle prône la réconciliation avec Alger et des excuses pour la colonisation, et critique la « stratégie de tension » de Bruno Retailleau comme le durcissement des visas.
Institutions : héritière de la « démocratie participative » de 2007, elle critique le 49.3, veut « changer la façon dont les institutions de la Ve République sont habitées » sans VIe République, n'exclut pas un ticket avec Dominique de Villepin et refuse toute « magouille entre les partis » avec La France insoumise.