Une gauche « en 3D » : Emmanuel Maurel résume son projet par trois verbes — « démondialiser, démarchandiser, démocratiser ». Il revendique une gauche « authentique » qui veut « enrayer le déclin français » et « défendre les travailleurs », et se distingue de ses concurrents à la primaire par une ligne souverainiste héritée à la fois du courant Maintenant la gauche et du chevènementisme incarné par le MRC, fondu dans la GRS en 2019.
Souveraineté économique et industrielle : il fait de la relocalisation et du protectionnisme le cœur de son projet. Opposé de longue date aux traités de libre-échange (TAFTA, CETA, Mercosur, Nouvelle-Zélande), il juge que les accords commerciaux sacrifient l'agriculture et l'industrie européennes. Sa formation défend la renationalisation d'EDF, d'Engie et d'Areva, la constitution de pôles publics de l'énergie et de l'eau et la reprise en main des autoroutes ; à l'Assemblée, il a voté la nationalisation d'ArcelorMittal France.
Fiscalité et travail : il a voté la taxe Zucman sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros et le renforcement de la progressivité de l'impôt sur le revenu, s'est opposé à l'élargissement de la défiscalisation des heures supplémentaires, au durcissement de l'assurance chômage et aux sanctions sur les prestations sociales. Il a voté la suspension de la réforme des retraites ; la GRS revendique le retour au droit à la retraite à 60 ans.
Europe et international : critique frontal de « l'austérité européenne », il plaide pour désobéir aux règles budgétaires de l'Union, pour une sortie du marché européen de l'électricité et contre tout nouveau transfert de souveraineté, notamment en matière de défense et de diplomatie. Il s'oppose à l'élargissement de l'UE, dont l'adhésion de l'Ukraine, tout en jugeant que l'Europe n'a « jamais autant aidé » Kiev. Sa formation demande la sortie du commandement intégré de l'OTAN.
Énergie et écologie : la GRS refuse la sortie du nucléaire et défend un mix nucléaire-renouvelables assorti d'un service public de l'énergie, avec 200 000 emplois visés dans les filières renouvelables. Il a voté contre la loi Duplomb réintroduisant des néonicotinoïdes.
République et laïcité : il défend une laïcité « militante », « doctrine d'émancipation », l'application intégrale de la loi de 1905, la fin du Concordat d'Alsace-Moselle et la réservation des financements publics à l'école publique. Sur les institutions, sa formation propose un scrutin législatif mixte proportionnel, l'abaissement du seuil du référendum d'initiative partagée et le droit de vote des résidents étrangers aux municipales ; jacobin, il a voté contre l'autonomie de la Corse.