Ordre public · Avant le 24 octobre
Après les violences du 17 octobre, ce que proposent les candidats
Pillages à Marseille, hôtel de ville incendié à Limoges, couvre-feux ciblés : la mobilisation contre la vie chère a débordé en émeutes. Avant l'« acte II » du samedi 24 octobre, pour lequel l'État mobilise des militaires, voici ce que disent les candidats, et ce qu'ils proposent sur la sécurité.
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Des centaines de milliers de personnes ont manifesté le samedi 17 octobre contre la vie chère. En marge des cortèges, la journée a tourné à l'émeute dans plusieurs villes. À Marseille, la préfecture de police dit avoir dénombré plus de 30 000 pilleurs, dont 8 000 émeutiers ; 118 membres des forces de l'ordre y ont été blessés. À Limoges, l'hôtel de ville a été incendié ; à Paris, des commerces ont été pillés, saccagés ou brûlés.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, fait état de 500 policiers et gendarmes blessés. Des couvre-feux ciblés, certains réservés aux mineurs, ont été instaurés dans plusieurs zones, et 200 enquêteurs travaillent à identifier les auteurs.
L'État reconnaît des failles et mobilise des militaires
L'exécutif a reconnu ses erreurs. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, admet des défaillances du renseignement et un dispositif policier trop statique ; Laurent Nuñez a exprimé ses regrets et reconnu un « manque d'anticipation ». Le dimanche soir, Emmanuel Macron avait plaidé : « Le pays a besoin d'ordre, d'apaisement et pas d'une escalade ».
Pour le samedi 24 octobre, jour d'un « acte II » du mouvement, le gouvernement promet un dispositif « massif ». Les militaires de l'opération Sentinelle remplaceront policiers et gendarmes « principalement sur des missions de sécurisation statique », pour les libérer face aux cortèges : ils ne feront pas de maintien de l'ordre. Le RAID et le GIGN seront mobilisés. Les préfets doivent interdire les manifestations « lorsque le dialogue avec les organisateurs n'aura pas permis de créer les conditions de sécurité nécessaires ». L'état d'urgence n'est pas exclu « par principe », mais « les conditions actuellement ne sont pas réunies ».
Ce qu'en disent les candidats
Dès le lendemain, les camps se sont renvoyé la responsabilité du « chaos ». Les réactions des candidats en lice, par ordre alphabétique :
- Gabriel Attal
- Sur X, il voit dans les scènes de chaos « une provocation envers l'autorité de l'État ».
- Raphaël Glucksmann
- « La République ne peut pas céder », écrit-il sur X, en appelant à « un grand sursaut républicain ».
- Marine Le Pen
- Elle accuse l'extrême gauche d'avoir pris en otage les revendications sociales et dénonce « les politiques toxiques macronistes ».
- Jean-Luc Mélenchon
- Il répond au Premier ministre, qui met en cause LFI : « Il est le responsable du chaos qu'il a méthodiquement préparé par incompétence ou par stratégie du pire ».
- Édouard Philippe
- Il demande de répondre « avec la plus grande fermeté » aux casseurs et apporte son soutien aux policiers.
- Bruno Retailleau
- Il décrit une « sauvagerie » face aux forces de l'ordre et juge que « la force implacable de l'État » est la seule réponse possible.
- Marine Tondelier
- Dans un communiqué, elle juge Laurent Nuñez « manifestement dépassé par la situation » et réclame sa démission.
Quatre mesures du quiz, candidat par candidat
Au-delà des réactions, que proposent-ils ? Le quiz de Prési2027 pose plusieurs questions de sécurité. On n'affiche ici que les positions sourcées : une position estimée, faute de déclaration publique, n'est prêtée à personne.
Effectifs de police
« Augmenter significativement les effectifs de police et de gendarmerie »
- Pour (16)
- Bernard Cazeneuve, Fabien Roussel, François Asselineau, Karim Bouamrane, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Xavier Bertrand, David Lisnard, Delphine Batho, Dominique de Villepin, Édouard Philippe, Éric Zemmour, Fabien Verdier, Florian Philippot, François Ruffin, Marine Tondelier
- Contre (3)
- Anasse Kazib, Nathalie Arthaud, Selma Labib
- Partagés (1)
- Juan Branco
Sans position documentée : 4 candidats.
Chez les visiteurs du site : 51 % pour, 30 % contre (666 réponses).
Le détail, candidat par candidat, avec les sourcesAgressions contre les forces de l'ordre
« Durcir les peines pour les agressions contre les forces de l'ordre, élus et agents publics »
- Pour (10)
- Bruno Retailleau, David Lisnard, Édouard Philippe, Éric Zemmour, Fabien Roussel, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Xavier Bertrand, Bernard Cazeneuve, Karim Bouamrane
- Contre (2)
- Anasse Kazib, Juan Branco
Sans position documentée : 12 candidats.
Chez les visiteurs du site : 53 % pour, 35 % contre (259 réponses).
Le détail, candidat par candidat, avec les sourcesContrôle des pratiques policières
« Renforcer le contrôle des pratiques policières (récépissés de contrôle d'identité, autorité indépendante) »
- Pour (7)
- Delphine Batho, François Ruffin, Juan Branco, Marine Tondelier, Nathalie Arthaud, Dominique de Villepin, Selma Labib
- Contre (3)
- Éric Zemmour, Nicolas Dupont-Aignan, Édouard Philippe
Sans position documentée : 14 candidats.
Chez les visiteurs du site : 60 % pour, 28 % contre (261 réponses).
Le détail, candidat par candidat, avec les sourcesReconnaissance faciale
« Généraliser la reconnaissance faciale dans l'espace public pour lutter contre la délinquance »
- Pour (1)
- David Lisnard
Sans position documentée : 14 candidats.
Chez les visiteurs du site : 30 % pour, 64 % contre (265 réponses).
Le détail, candidat par candidat, avec les sourcesLe maintien de l'ordre en manifestation, l'état d'urgence et le recours aux militaires n'ont pas de question dans le quiz. C'est le sujet du débat de la semaine.
Et toi ?
Es-tu favorable au déploiement de militaires pendant les manifestations du samedi 24 octobre ?
C'est le débat de la semaine : un vote d'un clic, puis l'avis des autres visiteurs. Et pour savoir quel candidat te ressemble sur ces sujets et sur tous les autres, le quiz prend trois minutes.
Sources
- franceinfo avec AFP, 18 octobre 2026 : « Au lendemain des violences du 17 octobre, les camps politiques se rejettent la responsabilité du "chaos" »
- franceinfo avec AFP, 18 octobre 2026 : « Plus de 30 000 pilleurs dénombrés à Marseille en marge de la manifestation du 17 octobre, selon la préfecture de police des Bouches-du-Rhône »
- Reuters, traduit par Zonebourse, 20 octobre 2026 : couvre-feux ciblés et défaillances reconnues par le gouvernement
- LCP, 20 octobre 2026 : « En vue d'un "acte II" de la mobilisation samedi prochain après le 17 octobre, le gouvernement promet un dispositif de sécurité "massif" »
- franceinfo, 20 octobre 2026 : « Laurent Nuñez demande aux préfets d'interdire les manifestations prévues samedi… »
- Le Courrier de la Mayenne, 20 octobre 2026 : « Manifestations du 24 octobre. Le ministre de l'Intérieur annonce le déploiement de l'armée ce samedi »