Ligne générale : Bernard Cazeneuve défend une social-démocratie républicaine, présentée comme une alternative à la fois à La France insoumise — dont il combat la ligne depuis la Nupes — et au macronisme. Son mouvement La Convention se veut « social-démocrate, républicain, humaniste et écologique ». Sa « Lettre aux Français » de 86 pages, publiée le 17 juillet 2026, tient lieu de socle programmatique : reconstruction républicaine, école, remise en ordre des finances publiques, santé, appareil productif et souveraineté, contre une « mondialisation sans règles ».
Économie et finances publiques : ancien ministre du Budget, il revendique le sérieux budgétaire et le redressement des comptes publics, qu'il concilie avec la défense des services publics et de la justice fiscale (lutte contre la fraude, contributions mieux réparties). La Convention a formulé des propositions « contre la vie chère » et pour le logement.
Travail et social : il a jugé la réforme des retraites de 2023 « très injuste » et propose une réforme « sans la brutalité qui a tant abîmé la confiance », avec la durée de cotisation comme levier principal plutôt qu'un nouveau recul de l'âge légal. Il défend le modèle social français, les services publics et la revalorisation du travail.
Écologie et énergie : il refuse d'opposer nucléaire et renouvelables et prône un mix planifié — il est le seul à gauche à promouvoir les réacteurs de quatrième génération — avec pour boussole la sortie des énergies fossiles. Il lie transition climatique et lutte contre les inégalités.
École et laïcité : issu d'une famille d'enseignants, il fait de l'école publique et de la laïcité un pilier central, contre les « séparatismes » et l'islam politique, au nom de l'universalisme républicain.
Sécurité et immigration : fort de son passage à l'Intérieur, il incarne une ligne de fermeté républicaine (renforcement des effectifs, expulsion des étrangers dangereux) assumée comme humaniste (accueil des réfugiés, refus de la préférence nationale).
Europe et défense : europhile convaincu, il appelle à un « sursaut européen » face à la menace russe, au renforcement des capacités de défense et au soutien à l'Ukraine, tout en refusant l'idée d'une défense européenne construite hors de l'OTAN.
Institutions : légaliste attaché à la Ve République, il refuse l'aventure d'une VIe République, considère le 49.3 « utile » si son usage reste modéré, et valorise l'expérience locale et la décentralisation, en ancien maire pendant plus de vingt ans.